FRONTISME ET DEPENDANCES

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par Jean-François Touzé, conseiller régional d'Ile-de-France, président de la NDR

Membre du groupe des Nationaux et Indépendants au sein du conseil régional d’Ile-de-France, je me suis très naturellement rendu, comme je l’aurais fait pour n’importe quel autre invité ou presque, à la réunion organisée le 19 mai dernier dans l’hémicycle de notre assemblée, réunion au cours de laquelle Carl Lang président du Parti de la France était invité à s’exprimer

Je souhaite, puisqu’il semble que cela soit nécessaire alors même que  je pensais, compte tenu de ce que je suis et de que je ne cesse de dire et d’écrire, cette mise au point inutile, préciser ici que cette participation n’avait aucun caractère d’adhésion à la démarche de Carl Lang et de ses amis qui entendent construire ou reconstruire un « mouvement national populaire, social et identitaire » à partir de ce qu’ils affirment être les fondamentaux sur lesquels s’est bâti le Front National.
Le FN auquel j’ai, quant à moi, adhéré en 1982 était libéral, républicain, atlantiste, pro israélien. Il se voulait le défenseur de nos libertés face au communisme et à la bureaucratie socialiste, en même temps que le champion de la sécurité de nos compatriotes et de la lutté contre une politique migratoire qu’il savait destructrice. Il prônait enfin le rassemblement de la droite de convictions et de valeurs dont il voulait être l’aiguillon.

C’est ce discours qui a permis de mettre en place en 1984 des structures militantes largement ouvertes aux membres du RPR qui refusaient les dérives centristes du chiraquisme mou.

C’est ce discours qui a donné naissance en 1986 au Rassemblement national à partir duquel tout était possible avec des personnalités de droite incontestable comme Pierre Sergent, Pascal Arrighi, Yvon Briant, François Bachelot…

C’est ce discours qui a permis au FN de co-gérer avec la droite de nombreuses régions après les Régionales de 1986

C’est ce discours qui doit être à nouveau défendu et qui sera alors entendu au-delà de nos espérances car c’est celui là que les Français attendent.

Inutile de dire que ce n’est pas celui que portera Carl Lang, englué dans les archaïsmes nationalistes et tenté par un glissement fatal vers l’extrême droite la plus radicale aux cotés de Robert Spieler, de Pierre Vial ou du Renouveau Français et dont, si j'en crois Le Monde, l'un de ses proches amis,membre fondateur du Parti de la France imprime les documents électoraux de la liste anti-sioniste en Ile -de-France

Ce n’est évidemment pas non plus celui que prononcera le Front National canal historique qui, peu à peu, sombre dans la confusion comme l’ont suffisamment montré les épisodes Soral/ Dieudonné et son soutien à la nucléarisation de l’Iran.

Reste Marine dont on me reproche l’amitié que je lui porte et que je ne veux pas renier. Marine qui a eu son destin entre les mains à plusieurs reprises, Marine qui l’a peut être encore à condition qu’elle sache rapidement s’éloigner de la thématique gaucho lepéniste qui la plombe au niveau national même si elle lui est utile en pays minier, qu’elle rompe avec le « ni droite ni gauche » dans lequel certains veulent l’enfermer, qu’elle ne craigne pas de dire plus clairement encore qu’elle ne l’a fait jusqu’à présent son rejet du négationnisme et qu’elle entre sans se retourner, une bonne fois pour toute, dans ce qu’Alain Minc appelle « le cercle de la raison ».

En toute hypothèse, conservons le cap  et organisons notre camp, celui de la droite de convictions, patriote et occidentaliste libérale et humaniste. Le camp des libertés.


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