ET MAINTENANT?

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par Jean-François Touzé, Président de la Nouvelle Droite Républicaine,conseiller régional d'Ile-de-France

Le succès de la liste UMP dont nous nous félicitons et l’échec du Parti socialiste qui nous réjouit ne doivent cependant pas nous conduire à regarder l’arbre tout en ignorant la forêt.
L’arbre c’est, en effet, la victoire (relative, il est vrai, compte tenu du nombre record d’abstentionnistes) du parti du Président. C’est aussi la défaite d’un PS qui espérait renouer avec son unité et la dynamique qui lui avaient permis d’emporter les élections de 2004.
La forêt c’est, nolens volens, le niveau alarmant de la gauche et de l’extrême gauche.

On sait que les élections européennes n’ont jamais été « structurantes » de la vie politique de notre pays. L’échec de Rocard en 1994 n’avait pas empêché Jospin d’accéder au second tour de la Présidentielle de 1995 ni de gagner lors des Législatives de 1997. A l’inverse les succès de Villiers et de Pasqua n’ont été suivis d’aucune construction capable de s’inscrire dans le long terme par une démarche à vocation majoritaire.

Sans doute en sera-t-il de même demain pour les Verts. Le vote hétéroclite qui a permis à la liste menée par Cohn-Bendit de faire quasiment jeu égal avec les socialistes et parfois même de les devancer, ne présente aucune caractéristique de  consistance durable.

Il n’empêche : l’addition des voix qui se sont portées sur le PS, d’une partie de celles du MODEM, d’une majorité de celles d’Europe Ecologie, et bien sur des 13% de l’extrême gauche (Front de gauche, NPA, LO) témoigne du risque de voir en 2012 se dégager une majorité en faveur de ce qui pourrait bien être un nouveau Front populaire.
En privilégiant l’unité, Nicolas Sarkozy a, certes, permis à l’UMP de gagner son pari et d’arriver largement en tête. Mais, dans le même temps, il prive, pour l’avenir, son camp de toute réserve de voix dans un système électoral où, on le sait, on ne gagne jamais seul. Les centaines de milliers d’électeurs de droite qui se sont abstenus, l’on fait, non pas par dédain de la politique, mais parce qu’ils ne trouvent plus la traduction de leurs convictions et de leurs aspirations.

C’est donc bien à une nouvelle offre politique que nous devons travailler. Le MPF, le CNI, la Droite Libre ont vécu sous leurs formes actuelles… Nous sommes passés dans un autre temps. Un temps où tous, responsables de ces formations, élus, militants, animateurs de blogs, de clubs et d'associations indépendantes, doivent se rassembler pour la défense de nos principes et de nos valeurs communes

La droite de conviction doit se reconstruire autour d’idées simples (l’autorité, les libertés, les valeurs, la résistance à la barbarie, l’alliance occidentale). Elle doit se faire entendre. Elle doit renouer avec le militantisme. Un militantisme de terrain qui ne néglige aucune des formes modernes de communication.

Elle doit être portée afin de faire revenir les électeurs désemparés qui ne se contenteront plus, demain, de belles promesses de campagne ne présidentielle.

Elle doit être volontaire, militante, inventive.

C’est sur son discours qu’a été élu Nicolas Sarkozy en 2007. C’est sur une volonté d’ouverture à droite qu’il peut être réélu en 2012.

Nous avons, les uns et les autres, notre feuille de route.

Il est temps de nous engager sur le chemin d’un renouveau droitiste.

 

PS : Pour le Front National le processus de marginalisation se poursuit. De la même manière qu’un cycliste qui cesse de pédaler continuera un temps d’avancer jusqu’à ce que son vélo s’arrête ou ne chute, le lepénisme, assis sur une machine de plus en plus lente, de plus en plus zigzagante, continuera un temps encore d’exister.

Jusqu’à la fin inéluctable qui approche. Vite, très vite !

Un mot enfin pour nous réjouir du résultat médiocre de Dieudonné. Médiocre mais inquiétant tout de même, quand on sait que plus de 2% des électeurs ont voté pour lui dans le 93. La vigilance ne doit pas faiblir.

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