PANTOMIMES

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Par Jean-François Touzé, Président de la NDR

Le ridicule ne tue pas. Pas même les socialistes. Mais si tous ne mourront pas, gageons que le plus grand nombre sera touché.

Au vrai, la pantomime auquel se livre depuis plusieurs années le PS n’est pas sans rappeler les errements dans lesquels s’égara la droite – singulièrement le RPR- tout au long des années 90. Guerre des clans, expression d’ambitions aussi dérisoires que déplacées, quadragénaires en recherche de destin et rénovateurs à la quête d’une modernité illusoire, évocation de « primaires » censées constituer l’horizon indépassable de la démocratie et de l’efficacité politique, affaires, congrès/happenings à la limite de la psychothérapie de groupe, recherche d’alliances antagonistes, petits meurtres entre « amis » et démissions en chaîne (Juppé, Seguin, Sarkozy lui-même), sévissaient alors dans le même enthousiasme suicidaire que celui qui conduisait à la mort les immolés du Guyana ou du Temple Solaire.
C’est en imposant son leadership d’airain que Nicolas Sarkozy a tiré la droite de ce brouillard au sein duquel elle avançait en aveugle sans même le secours d’une cane blanche.
On ne voit pas qui, au sein d’un Parti socialiste dont la culture, épisode Mitterrand mis à part, n’a jamais été celle de la personnalisation du pouvoir induite par la logique de nos institutions, pourrait aujourd’hui accomplir la même prouesse cathartique. 

La France, comme toutes les grandes démocraties a pourtant besoin d’une majorité et d’une opposition. Encore faut-il que la gauche se situe dans un consensus national qui exclut les extrémismes, bannit les aventures utopiques, permet, au-delà des nuances partisanes qu’elles soient sociales, économiques ou même sociétales, la continuité de l’action de l’Etat, le maintien des équilibres fondamentaux de la Nation, l’affirmation des libertés et des droits de chacun à la sécurité et à la justice, ainsi que la pérennisation de nos politiques internationales dans le respect de nos alliances.

La bipolarisation de notre vie politique qui se dessine permettra peut être cette évolution de la France vers une démocratie apaisée. Quant aux socialistes, à eux de régler la seule question qui vaille pour qui entend revenir aux affaires, celle du leadership…

On comprendra que, pour ce qui nous concerne, compte tenu des pulsions et des tropismes radicaux  de la gauche française, nous ne sommes pas pressés de la voir en position de l’emporter. Le plus tard sera même le mieux.
En toute hypothèse, le pire étant toujours possible, la droite, dans la perspective de 2012, doit se renforcer, et la droite de la droite se rassembler  autour de ses convictions libérales, patriotes et occidentalistes, pour mieux peser.

 

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